Le blog

Alain Goudey, NEOMA business School

Bonjour Alain Goudey,

Vous intervenez cette année au Learning Show dans le cadre de la controverse Intelligence Artificielle du lundi 9 octobre, pouvez-vous présenter votre activité et votre parcours en quelques mots ? 

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Je suis Directeur Général Adjoint de NEOMA en charge du numérique. A ce titre j’accompagne trois équipes : la DSI, l’équipe Web Design Project et notre cellule de R&D le Learning Lab. A NEOMA, dans le respect de la littérature académique sur l’innovation dans les organisations, l’exploration des innovations est séparée de l’exploitation / du déploiement de ces innovations. Je suis par ailleurs, Professeur HDR de marketing, spécialisé sur le design sensoriel et également sur l’adoption des innovations de rupture.  

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En termes de parcours, j’ai rejoint NEOMA en 2008, juste après l’obtention de ma thèse à l’Université Dauphine-PSL*. Auparavant, j’ai fait des études hybrides avec deux ans de classes préparatoires scientifiques MPSI/MP pour ensuite intégrer Institut Mines-Telecom Business School alliant la double culture management et systèmes d’information. 

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Vous intervenez cette année autour de la thématique de l’intelligence artificielle, pouvez-vous nous présenter votre point de vue à ce sujet pour les formateurs ?

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La montée en puissance de l’intelligence artificielle est indéniable depuis quelques années. Toutefois, en moins d’un an, OpenAI, l’éditeur de ChatGPT, a franchi un pas de géant, passant de la version 3.5 à la version GPT-4, bien plus puissante. En novembre 2022, ce programme d’intelligence artificielle se classait parmi les 10% d’étudiants les plus faibles sur de nombreux tests académiques. A peine six mois plus tard, il s’est hissé dans le top 10% des meilleurs élèves. Une progression fulgurante qui fait réfléchir les pédagogues du monde entier.

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En effet, au-delà de la pertinence des examens, c’est la nature même de l’enseignement qui est mise en question. Si une machine peut réussir les examens sans assister aux cours, pourquoi les étudiants devraient-ils continuer à apprendre ? Par ailleurs, avec la crainte d’une tricherie facilitée par l’IA ou encore celle d’un apprentissage passif où l’IA « pense » à la place des étudiants, certains redoutent carrément la disparition de l’école au profit d’un « super professeur » omniprésent et omniscient accessible tout le temps.

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Toutefois, pour moi, nous savons que ceci ne sera pas le cas. En effet, au cours de la période de pandémie que nous avons traversée, l’enseignement a dû se digitaliser entièrement et le constat a été clair. L’absence totale d’interaction humaine (non digitalisée) a démontré ses limites : engagement moindre, difficultés de mémorisation, compétences éphémères… Les processus d’apprentissage impliquent une dimension sensori-motrice et sociale qui ne peut être négligée. Ainsi, pour moi, l’IA ne remplacera pas les salles de classe. Les IA génératives seront un complément à l’enseignement, et non un substitut. C’est un outil utile pour les étudiants mais aussi pour les Professeurs. Les uns et les autres doivent apprendre à s’en servir à bon escient, c’est-à-dire de la bonne manière (en évitant les biais et les hallucinations, en ne s’accaparant pas abusivement la production de l’IA, en évitant la fuite de données, etc.) et dans un but pertinent (création d’une réelle valeur). C’est d’autant plus important que le déploiement de cette technologie dans la société a fortement démarré et que ces outils se retrouveront partout dans l’entreprise.

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Plus personnellement, auriez-vous une recommandation article, lecture, podcast qui vous a récemment marqué autour de la formation ?

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Pour la lecture, je recommande l’ouvrage « Super Courses, The Future of Teaching and Learning » de Ken Bain, Princeton University Press. Il relate de nombreuses expériences innovantes de pédagogie (pas nécessairement technologique d’ailleurs) et c’est un très bon moment pour se questionner sur ses pratiques de formation. 

 

Merci Alain pour ces éclairages et cette présentation. 

 

Rendez-vous en octobre au Couvent des Jacobins ! 

 

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