Explorons les apprentissages du futur

En quoi l’approche journalistique peut-elle changer la manière de concevoir et créer des contenus pédagogiques ?

Journaliste de formation, Benjamin Gerard est créateur de média. Depuis le début de sa carrière, il créé des Web TV, des télévisions locales, des télévisions d’entreprise.
Depuis 2016, Benjamin a créé la société Portemire, agence de conseil et de production audiovisuelle dont la particularité est d’attacher une grande importance au travail éditorial et de produire des vidéos de qualité avec les smartphones.
Benjamin Gérard et son associé sont des MOJO, des Mobile Journalistes.
Que souhaitez-vous voir changer dans la formation ?

La formation doit pouvoir proposer des contenus plus courts. On est aujourd’hui dans un monde connecté dans lequel il faut s’adapter au temps disponible et aux usages des personnes par rapport à leur formation.

Je souhaiterais que la formation adopte une approche plus ludique, plus participative voire même interactive. En termes de réalisation des modules de formation, on peut proposer un support plus vivant, moins figé par rapport à ce qu’on a connu avec par exemple un professeur qui nous donne la leçon. On a tous envie que cela évolue vers des contenus plus courts, plus dynamiques et plus participatifs.

En quoi l’approche journalistique peut changer la manière de concevoir et créer des contenus pédagogiques ?

En tant que journaliste, je suis un généraliste de l’information. Mon travail est d’aller chercher l’information pour la transcrire et la rendre accessible à tous. Cette approche peut être pertinente et intéressante pour la formation.
Nous réfléchissons en premier lieu à notre cible, aux personnes qui vont regarder les modules de formation. L’objectif est de rendre accessible et compréhensible à tous, les contenus de ces formations. Les apprenants ne veulent plus d’un cours de 45 min.

Aujourd’hui,  pour la conception de modules pédagogiques, notre démarche consiste à travailler main dans la main,  avec les auteurs des formations. Ils ont souvent des contenus très longs, notre travail consiste à prendre la matière, à la « malaxer » pour en tirer l’essence. Ensuite, on réalise une production vidéo qui va permettre d’être la porte d’entrée d’un module pédagogique plus large.

La vidéo n’est pas une fin en soi : elle permet d’accrocher. Et pour accrocher, il faut proposer des modules courts et compréhensibles pour tous. C’est pourquoi, l’approche journalistique est très intéressante dans le monde de la pédagogie.

En quoi consiste la stratégie éditoriale pour une entreprise ?

Aujourd’hui, ma conviction est que nous sommes tous des médias que l’on soit une entreprise de presse, une entreprise, une institution ou un citoyen ; nous avons la possibilité de nous adresser directement à une communauté.

Mon travail en tant que journaliste est d’aider les entreprises à penser comme des journalistes, à penser comme un média. Aujourd’hui, pour sa communication ou sa formation, il faut penser avec toutes les clés journalistiques : une grille de programme, une charte éditoriale, penser aux rubriques que l’on souhaite mettre en place.

On parle de bataille de l’attention sur le digital, le temps d’attention est de plus en plus court. Je suis convaincu que c’est la force et la qualité du contenu qui peut permettre aux gens de s’intéresser à ce qu’on propose.

La vidéo a-t-elle révolutionné le monde de la formation ?

La vidéo a tout révolutionné en réalité. Aujourd’hui, elle est le langage du web et des réseaux sociaux. Nous sommes dans l’ère du tout vidéo. Les projections pour 2019 font état d’un trafic sur internet qui sera composé à 80% de vidéos ! Aujourd’hui, nous passons 6 heures à regarder nos écrans, nous sommes immergés de vidéos !

Pour la formation, l’objectif est de s’adapter aux usages des personnes qui suivent ces formations. Elles doivent s’adapter à la mobilité des gens, il faut qu’elles soient immersives, qu’elles soient interactives. La vidéo est un formidable outil pour enrichir les contenus, pour attiser la curiosité, capter l’attention, stimuler la mémorisation visuelle et auditive.

Le travail sur des modules pédagogiques pour la formation consiste à mettre les moyens sur la qualité du contenu, du son et de l’image. L’aspect technique doit pouvoir être oublié pour pouvoir se concentrer sur le contenu. La formation doit s’adapter pour être efficiente et surtout disponible en ligne. Il est nécessaire que chacun puisse consulter en mobilité : dans le métro, dans le bus ou en rentrant le soir chez soi…
Nous réfléchissons également aux formats que nous diffusons : cela peut être une interview, un reportage, un format youtube, une vidéo animée…Les formats doivent s’adapter aux usages des consommateurs.

Visionner l’entretien de Benjamin Gerard